Vieilles casseroles
"Le dopage, c'est vraiment quelque chose dont il faut qu'on parle", disait encore David Chaussinand. Voici donc une courte présentation du produit qui l'a fait tomber. Commercialisé en France en 1963 sous forme orale et en 1971 sous forme injectable, la méténolone a été retirée du marché en 1991. Cela dit, il reste assez facile de s'en procurer dans des pays proches comme la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Italie.
Ce stéroïde anabolisant est moins utilisé que les stars de la catégorie comme la nandrolone ou le stanozolol beaucoup plus puissants. Mais on lui connaît tout de même quelques adeptes comme le Finlandais Martti Vaino qui fut ainsi privé de sa médaille d'argent du 10.000 mètres olympique à Los Angeles. A l'époque, la nouvelle avait beaucoup surpris les milieux athlétiques. Vaino était en effet un athlète longiligne: 192 cm pour 70 kilos. Or la plupart des gens associaient clairement la prise d'anabolisants au gain de masse musculaire dans les disciplines comme les sprints ou les lancers. Aujourd'hui, on sait que les avantages se mesurent également au plan de l'oxygénation tissulaire et du mental. Autre atout: la méténolone s'avère peu agressive sur le foie et, contrairement aux produits de la même famille, elle ne favorise pas la rétention d'eau. Elle limite aussi les effets féminisants chez l'homme et virilisants chez la femme. Ces dernières sont généralement sensibles à cet argument, telles Patricia Girard testée positive à la méténolone en 1990 au début de sa carrière, ou encore Maria Bak pincée dans les mêmes circonstances à l'issue de sa victoire dans l'épreuve de 100 kilomètres sur route à Winschoten aux Pays-Bas, le 13 septembre 1997. Ce jour-là, l'Allemande, âgée de 38 ans, avait établi un nouveau record d'Europe (7h6'55'').
Dr JPdM
Sport et Vie n°74
Sur le Front du Dopage