Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 68


Une mauvaise odeur inutile

Ce remède que l'on propose généralement en cas de syncope vise à réveiller la personne par l'odeur particulièrement repoussante. A la fin du XIXème siècle, on l'utilisait pour revigorer les boxeurs entre les rounds. Plus récemment, on se souviendra que les haltérophiles bulgares recouraient au même procédé. Soit ils respiraient un bouchon d'ammoniaque, soit ils mettaient le doigt sur le goulot de la bouteille et se le passaient ensuite sur la tempe. Au mois de février, on a encore vu le tennisman Christophe Rochus se livrer au petit rituel lors de son match contre Arnaud Clément au premier tour de la Coupe Davis opposant la Belgique à la France. Cette pratique est étonnante de la part d'un joueur plutôt bien encadré et dont le père est médecin. En effet, le sel d'ammonium n'a jamais fait la preuve de son efficacité. C'est purement psychologique. Notez que ce n'est pas dangereux non plus. Sous sa forme volatile (dilution de 5 à 6 gouttes dans un verre d'eau), l'ammoniaque ne figure sur aucune liste des substances interdites. Certains spécialistes estiment tout de même que l'on devrait interdire l'injection sous-cutanée ou même intraveineuse d'un sel d'ammonium dans un but de stimulation du système nerveux central. Enfin, ils mettent en garde contre le chlorure d'ammonium, proche parent de l'alcali volatil, qui sert à accélérer l'élimination des amphétamines avant un contrôle.

Sport & Vie n° 68
Sur le front du dopage

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