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Une guerre de retard

Or, on vient d'apprendre que le produit miracle a franchi avec succès les trois étapes préalables à sa commercialisation.

Rien n'empêche désormais son lancement sur le marché. Comme dans l'EPO classique, on joue ici sur l'optimisation du transport de l'oxygène en augmentant le nombre de globules rouges. Mais avec l'Aranesp, l'hématocrite s'élève plus lentement sans booster l'érythropoièse. Les paramètres sanguins restent relativement peu perturbés, ce qui met les utilisateurs à l'abri d'un contrôle positif.
Autre avantage: cette forme d'EPO retard n'implique plus de se piquer tous les deux jours et de courir à chaque fois le risque de se faire prendre avec les produits interdits. Au début, le traitement nécessite une piqûre par semaine et, très vite, on peut passer à une par mois, tout en conservant le même avantage. Sur le plan biochimique, sachez que l'hormone est produite de la même manière que l'ÉPO recombinante classique à partir d'ovaires d'hamsters chinois.

Elle se compose de 165 acides aminés d'un poids moléculaire de 30.000 à 37.000 daltons, mais s'en différencie grâce à une double glycosylation lui conférant une demi?vie beaucoup plus longue dans l'organisme. En théorie, elle devrait être relativement facile à détecter dans l'organisme en raison de la répartition différente de ses deux isoformes par rapport à la formule naturelle.
Mais cela implique de mettre en place une série de tests sanguins spécifiques, ce que ne prévoit toujours pas la législation. Bref, on ouvre la porte à une nouvelle forme de dopage et on imagine très difficilement qu'un athlète ne soit pas tenté d'en profiter.


Dr JPDM

SPORT ET VIE N°70
Sur le front du dopage

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