Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 72


Un spray trop loin

Dans la liste des athlètes positifs aux derniers Jeux de Salt Lake City, on trouve également le nom d'Alain Baxter pincé au contrôle alors qu'il venait de remporter le bronze en slalom spécial, ce qui constituait la première médaille en ski alpin dans toute l'histoire du sport britannique. Pour son grand malheur, Baxter avait utilisé un décongestionnant nasal qui contenait un dérivé d'amphétamine.

"J'utilise ce genre d'inhalateur depuis que je suis gosse", se justifiait-il. Précisant ensuite que l'exemplaire acheté aux Etats-Unis n'avait pas exactement la même composition que celui vendu en Grande-Bretagne. De prime abord, l'explication paraît plausible.
Plus plausible en tout cas que les ultraviolets autrichiens.
Pourtant le CIO a décidé de maintenir la sanction et le bronze est revenu au quatrième skieur de l'épreuve, l'Autrichien Raich. Il faut dire qu'au fil des années, on a appris à se méfier des explications toujours très opportunes des athlètes pris en flagrant délit. Cette mésaventure de Baxter rappelle celle qui concernait le cycliste belge Georges Van Coningsloo, condamné en 1967 à deux années d'interdiction de courir après un contrôle positif dans Gand-Wevelgem.
Là aussi, il avait tenté de s'innocenter en expliquant qu'il avait effectivement consommé trois cachets de N63 (amphétamines), sur recommandation de son médecin, pour lutter contre un affaiblissement lié à un début de grippe. Rappelons alors cette chose toute bête: en se soignant avec des amphétamines et en se lançant dans une activité physique intense, on risque seulement d'aggraver l'infection avec des séquelles au cœur et aux poumons souvent gravissimes et parfois mortelles.

Sport et Vie n°72
Sur le front du dopage

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