Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 76


Tout le monde a raison!

Le 5 juillet 2002, l'athlète anglais Jonathan Edwards, surnommé le Goéland, subissait un contrôle antidopage positif lors du meeting Gaz de France à Saint-Denis. L'analyse mettait en évidence la présence de morphine dans ses urines. La star mondiale du triple saut était-il morphinomane? Non, seulement Edwards avait consommé un médicament, le Nurofen plus®, qui contient, en association, de l'ibuprofène (contre l'inflammation) et de la codéine (contre la douleur).
Aucun de ces deux ingrédients n'est interdit.
L'ibuprofène n'a jamais fait l'objet de la moindre restriction. Quant à la codéine, elle est autorisée par le code olympique depuis le début de l'année 1994 et par la loi française depuis juin 1998. Le problème vient de ce que le produit, en se dégradant, entraîne une présence de morphine dans les urines.
Or la prise de morphine est interdite par le CIO, par la loi française et par tous les règlements des fédérations. Au-delà d'1 microgramme par millilitre, sa présence dans les urines est sanctionnée. Dans le cas d'Edwards, le taux de morphine atteignait 2,2μg/ml. Bref, on se trouve là face à une situation très inconfortable avec un médicament licite dont les métabolites sont interdits.
Fallait-il le condamner?
Tout dépend de la réglementation appliquée. Pour les instances sportives, Edwards n'a commis aucune faute et n'encourt aucune punition. Mais le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD) préfère s'en tenir à la ligne sévère et pourrait l'interdire de compétition sur le sol français, ce qui fait qu'aujourd'hui, Jonathan Edwards ne sait plus sur quel pied rebondir.

Dr JPdM
Sport et Vie n°76
Sur le Front du Dopage

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