Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 73


Toi d'abord!

La lutte contre le dopage s'inscrit parmi les grands thèmes consensuels comme la défense de la paix, la lutte contre la pollution, la sauvegarde de la démocratie, le développement durable, le commerce éthique, etc. Le monde se répand alors en belles déclarations.
Mais personne n'est prêt à faire le premier pas. Pour les athlètes, c'est un peu la même chose. Ils souhaitent tous la disparition du dopage. A condition que ce soit l'autre qui commence.

"La presque totalité des athlètes à qui j'ai parlé accueillerait avec joie les contrôles antidopage, s'ils étaient certains qu'aucun médicament n'y échapperait "
Howard Payne, ancien triple champion du lancer du marteau aux Jeux du Commonwealth. ("La médecine sportive" de Gabe Mirkin et Marshall Hoffman. - Montréal (CAN), Les Editions de l'Homme, 1981.)

"Aujourd'hui, tout dépend des contrôles. Si l'on est assuré que les laboratoires parviennent à déceler tous les produits, la peur que l'autre soit dopé (et donc meilleur que soi) s'estompera (...) Tout le monde tomberait d'accord sur l'arrêt des produits interdits et l'on tirerait un trait sur le passé."
Richard Virenque (FRA), cycliste professionnel depuis 1991 (Richard Virenque: plus fort qu'avant par Vespini J.P. - Paris, éd. Robert Laffont, 2002.)

"Si les contrôles antidopage étaient faits sérieusement, c'est-à-dire avec la même intégrité pour tous, on se risquerait à courir les Nations. Mais on a toujours peur d'être dupe." Bernard Guyot (FRA), cycliste professionnel de 1967 à 1972 (Paris Jour, le 2 octobre 1968)

"De toute façon, puisqu'il y a des contrôles, il faut qu'ils soient faits sérieusement et qu'ils présentent toutes les garanties voulues. Il ne semble pas que ce soit le cas actuellement." Paul Lemeteyer (FRA), cycliste professionnel de 1965 à 1969 (Miroir du Cyclisme, n° 92, octobre 1967)

"Les coureurs sont des victimes. La plupart ne prend pas délibérément des produits. Mais il faut qu'il y ait de vrais contrôles capables de déceler les produits; comme cela tous seraient sur un pied d'égalité, car personne ne prendrait rien". Greg LeMond (USA), cycliste professionnel de 1981 à 1994 (Le Dauphiné Libéré, 28 juillet 1998)

"Il faut que les laboratoires parviennent à déceler toutes les substances interdites. Là, il n'y aura plus de problème, ni de suspicion. Je ne pense pas qu'il y ait un seul coureur pour ne pas le souhaiter". Emmanuel Magnien (FRA), cycliste professionnel depuis 1993 (Le Figaro, le 8 octobre 1998)

"Le contrôle antidopage est une chose juste. Mais il faudrait qu'il soit infaillible. Ce n'est pas le cas actuellement (...) Il faut arriver à ce que tous les coureurs soient sur un plan d'égalité". Francesco Moser (ITA), cycliste professionnel de 1973 à 1987 (Miroir du Cyclisme n° 241, octobre 1977)

"La seule solution qui existe, c'est d'investir dans la recherche pour des contrôles fiables". Charly Mottet (FRA), cycliste professionnel de 1983 à 1994 (Le Monde, le 11 octobre 1998)

"Je souhaite qu'on réussisse à mettre au point un test permettant de démontrer qu'un athlète n'a jamais, de toute sa vie, touché aux anabolisants et aux hormones? Hélas, ça n'existe pas encore. Et, tant que cette démonstration ne pourra être faite, il se trouvera toujours des sportifs pour défier les règlements."
Steve Scott (USA), athlète spécialiste du 1.500 mètres, 5ème aux Jeux de Séoul (Spiridon n° 72, février-mars 1984)

Dr.JPdM
Sport et Vie n°73
Sur le Front du Dopage

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