Taille de guêpe
Dans le florilège sur l'affaire Flessel, le docteur Poux nous a ressorti l'argument éculé de la morphologie pour nier les accusations de dopage à l'encontre de sa championne:
"la morphologie de la double championne olympique d'Atlanta, inchangée depuis dix ans, plaide en sa faveur", expliquait-il.
Ce genre de déclarations fait chaque fois reculer la lutte contre le dopage de plusieurs pas. On sous-entend ainsi que le dopé est forcément bâti comme l'incroyable Hulk et qu'on le reconnaît à dix kilomètres. Or il existe un tas de produits nocifs et logiquement interdits qui ne modifient en rien les apparences. C'est le cas notamment des stimulants parmi lesquels se range la Coramine. Et même dans le cas où l'on consommerait des anabolisants, on peut parfaitement s'arranger pour ne pas prendre un gramme sur la balance. Il suffit de ne pas associer la prise du médicament à un régime hyperprotéiné. C'est aussi bête que cela!
Dans cette histoire, on veut bien croire que Laura Flessel, surnommée la Guêpe, ait été victime d'un malheureux concours de circonstances. Mais, par pitié, qu'on nous épargne ces pseudo-preuves morphologiques qui auraient plutôt tendance à jeter le trouble.
GG
Sport et Vie n°75
Sur le Front du dopage