Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 69


Silence dans les rangs

La première consiste à nier purement et simplement l'existence d'un problème; la seconde à se flatter des efforts entrepris pour en venir à bout. Alors même si, objectivement, la situation dans le cyclisme français laisse percevoir des signes d'amélioration, gardons-nous bien de manifester trop bruyamment notre enthousiasme pour ne pas apparaître avec le recul de quelques années dans la cohorte de tous les cocus magnifiques.

"Je ne crois pas que le dopage risque de tuer le cyclisme. Des mesures sont prises chaque jour et le phénomène va en diminuant..." Pierre Chany, journaliste sportif (Collec?Cyclisme, n°56, janvier?février 1989)

"Au bout de quarante ans de métier, je pense que le dopage a nettement régressé dans le cyclisme professionnel." Albert De Kimpe (BEL), ex-directeur sportif (L'Équipe, le 29 juin 1985)

"Il me semble que le milieu est plus propre maintenant qu'il y a cinq ou six ans. A l'époque, c'était artisanal et très dangereux." Bernard Gavillet (SUI), ex-cycliste professionnel (Coups de Pédales n°49, juillet?août 1995)

"On veut tout mettre sur le dos du cyclisme alors que c'est peut?être le sport le plus sain de tous. Il ne faut pas avoir peur de le dire." Bernard Hinault (Le Sport n° 33, janvier 1997)

"Honnêtement, je ne pense pas qu'il y ait plus de dopage dans le cyclisme qu'ailleurs. On est largement plus contrôlé que les autres et, en proportion, il y a moins de cas de positifs que dans les autres sports." Laurent Jalabert (La France Cycliste, le 22 novembre 1996)

"Mon impression est en tout cas que le dopage sévit moins que jadis." Jacques Lacroix, président de la commission du cyclisme professionnel belge (L'Équipe, le 4 décembre 1976)

"Bien sûr, le problème de dopage existe chez les professionnels mais il a régressé d'une manière spectaculaire." Maurice Le Guilloux, ex-cycliste professionnel (Le Figaro, le 19 octobre 1987)

"La génération actuelle est beaucoup plus saine. On ne voit pas de jeunes au tableau des "mauvais garçons"".
Antonin Magne, ex-cycliste professionnel de 1926 à 1939 et directeur sportif de 1945 à 1969 (Le Miroir du Cyclisme, n° 143 juin 1971)

"Je crois sincèrement que ce Tour a été celui de la rédemption et je plains ceux qui ont entretenu le doute tout au long des trois semaines de course. Simplement, ils n'ont rien compris et ils n'aiment peut?être pas le vélo, y préférant le sensationnel extérieur." Raymond Martin, ex-cycliste professionnel (Cyclisme International n° 165, septembre?octobre 1999).

"En France, tout le monde (coureurs, personnel d'équipes et sponsors) pense que les nouvelles normes en matière d'antidopage sont bonnes et tout le monde va en tirer bénéfice." Frédéric Moncassin, cycliste professionnel (France?Soir, le février 1999)

"Malheureusement, lorsqu'on évoque le cyclisme, un mot vient presque naturellement à la bouche du public: dopage! Cette accusation ne date pas d'hier. Mais je prétends qu'aujourd'hui, il n'y a aucune raison de montrer les cyclistes du doigt. Essentiellement parce que ce sont les sportifs les plus contrôlés du monde." Jean?Claude Perrin (FRA), entraîneur d'athlétisme: (La forme... olympique ? Paris, éd. Solar, 1986)

"Je ne vais pas nier que le dopage existe dans la course cycliste. Mais une bonne fois pour toutes, qu'on en finisse avec cette idée reçue que le coureur qui participe au Tour de France est systématiquement chargé". Pierre Salviac, journaliste TV (émission " Envoyé Spécial, le 23 juin 1993)

"Je crois que c'est un Tour de France presque propre. Peut?être pas à 100 %, mais on n'en est pas loin. Il y a sans doute quelques tricheurs, mais ils sont isolés. Ce n'est plus comme avant une pratique planifiée." Hein Verbruggen, Président de l'UCI (Vélo Un n° 36, juillet 1999)

Sur le front du dopage
SPORT & VIE n°69

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