Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 74


Le règne de la terreur

Après les révélations du Français Yannick Noah en 1980, de l'Américain Arthur Ashe en 1982, du Norvégien Ronneberg en 1986, de l'Allemand Boris Becker en 1993, de la Française Nathalie Tauziat en 2001, deux noms viennent s'ajouter à la liste des joueurs qui acceptent d'évoquer la question du dopage dans le tennis.

"Dire qu'aujourd'hui le tennis est clean est une utopie", expliquait Nicolas Escudé dans Le Parisien du 5 juin 2002.

"Quand, sur terre battue, après cinquante frappes, le mec en face est frais et vous attend pour servir alors que vous-même êtes à l'agonie, on hallucine".

Même son de cloche de la part de Fabrice Santoro. "Je ne sais pas si les contrôles sont réalisés pour coincer des mecs ou pour la vitrine. Mais je me pose parfois la question quand je vois ce qui se passe".

Seulement le simple fait d'émettre ce genre de soupçons s'apparente à un crime de lèse-ATP. La réaction ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. "Si certains des propos attribués aux joueurs sont exacts, je les juge mal informés, irresponsables et offensants", lisait-on dans un communiqué signé par le chef exécutif de l'ATP, Mark Miles qui brandissait même la menace de sanctions financières voire carrément de suspension!

Et voilà comment on obtient le silence.

Remarquez que ce genre d'anecdote confirme l'analyse d'Escudé sur le fonctionnement même de l'Association des tennismen professionnels. "Ce que je ne comprends pas, c'est que dans n'importe quelle entreprise qui présente un bilan négatif, le PDG saute", disait-il. "Et quand j'entends aujourd'hui que Mark Miles est intouchable, je me pose des questions. On me répond qu'il a des dossiers qui ne sont pas ouvrables. C'est quoi sinon, des dossiers sur le dopage?"

Dr JPdM
Sport et Vie n°74
Sur le Front du Dopage

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