Pouvez-vous répéter la question?
Tous les discours sur le dopage se terminent toujours en soulignant la nécessité d'un bon travail de prévention et d'éducation à la santé auprès des jeunes. Mais qui doit en assumer la charge? Les médecins ne sont pas forcément les plus indiqués. Ils connaissent souvent très mal les contraintes du sport de haut niveau. Le dopage lui-même ne fait l'objet que d'un cours de 2 à 3 heures par an dans le second cycle en médecine du sport. C'est tout. Quant au généraliste lambda, il n'en entendra jamais parler au cours de ses études. Certes, un projet existe qui prévoit de rendre obligatoire un module d'adictologie (dont fait partie le dopage) en cours de 3ème cycle. Mais, actuellement, ces matières restent à option. De toute façon, le temps qui leur est consacré -trois heures par an- permet à peine d'aborder la question du dopage qui pèse effectivement beaucoup moins lourd, socialement parlant, que les problèmes liés à l'alcoolisme, au tabagisme et autres toxicomanies. Les médecins ne sont donc pas les mieux formés pour parler de prévention. Surtout qu'ils sont instruits eux-mêmes dans le culte du médicament. Or l'expérience montre que l'on se débarrasse difficilement de ce réflexe de prescription qui constitue tout de même la base de toutes les conduites dopantes. Alors qui? Les pharmaciens s'y connaissent souvent mieux que les médecins, notamment en matière de réglementations, grâce aux filières de formations continues consacrées aux différentes formes de toxicomanies. Cependant, ils n'ont aucun contact avec la base sportive et l'on imagine assez mal l'organisation dans les officines d'une campagne de prévention sur les dangers de l'abus médicamenteux. Restent les entraîneurs, les moniteurs, les éducateurs, les professeurs de gymnastique. En général, ils connaissent bien le sport, ils bénéficient de l'écoute des gamins et sont souvent soucieux de leur inculquer quelques valeurs éthiques en marge de leur entraînement. Bref, ils réunissent toutes les qualités avec cependant un bémol: on ignore ce qu'ils savent exactement du dopage. C'est pour répondre à cette question que nous avons organisé cette enquête auprès d'une population représentative de futurs responsables d'encadrement. Les résultats montrent qu'il y a encore de l'EPO sur la planche.
Le travail complet fut présenté par Julien Gondin pour l'obtention de sa maîtrise Entraînement sportif et performance sportive (option management) à l'UFR-STAPS de l'Université de Bourgogne. Dans l'article ci-contre, nous avons isolé les faits les plus significatifs.
Question 1 : Pensez-vous que ces substances soient interdites par le Code antidopage du Mouvement olympique (CaMo)?
Substances proposées
alcool
réponse exacte: Oui/non
réponses: 62% non et 38% oui
stimulants
réponse exacte: Oui
réponses: 26% non et 74% oui
bêta-bloquants
réponse exacte: Oui/non
réponses: 43,5% non et 56,5% oui
narcotiques
réponse exacte: oui
réponses: 26% non et 74% oui
diurétiques
réponse exacte: oui
réponses: 70% non et 30% oui
hormones peptidiques
réponse exacte: oui
réponses: 21% non et 79% oui
corticostéroïdes
réponse exacte Oui/non
réponses: 95% non et 5% oui
anti-inflammatoires
réponse exacte: non
réponses: 74,5% non et 25,5% oui
agents anabolisants
réponse exacte: oui
réponses: 4,5% non et 95,5% oui
antibiotiques
réponse exacte: non
réponses: 62% non et 38% oui
Commentaire: On s'aperçoit ici qu'il y a encore de grosses confusions sur le caractère licite ou illicite des substances même parmi les plus banales. Ainsi 38% des sondés pensent que les antibiotiques sont interdits et 25,5% leur associent les anti-inflammatoires! A l'inverse, 70% des gens ne redoutent pas les diurétiques qui constituent pourtant une classification spécifique sur la liste rouge du CIO. Notez qu'ils sont moins nombreux à se tromper sur le caractère illicite des agents anabolisants et des hormones peptidiques. Enfin, nous proposions trois produits "soumis à certaines restrictions": corticostéroïdes, bêta-bloquants, alcool. On enregistre une méfiance nettement plus grande pour les corticostéroïdes que pour l'alcool et les bêta-bloquants qui sont, il est vrai, nettement moins médiatisés et constituent de piètres dopants dans les sports à composantes énergétiques élevées.
Question 2
Pouvez-vous nous citer un ou plusieurs stimulants interdits par la réglementation antidopage?
Oui: 57%
Non: 43%
Commentaire: On constate ici que des vocables comme "stimulants" ne signifient pas grand-chose pour nos sondés. Trois personnes sur quatre sentent plus ou moins confusément qu'il s'agit d'une catégorie de substances interdites. Mais ils sont à peine plus de la moitié à pouvoir citer un seul nom. Et encore, ils se trompent dans 63% des cas. Ainsi l'érythropoïétine est revenue le plus souvent dans cette réponse (36%), alors qu'elle ne fait pas partie des stimulants. On retrouve ensuite une série de réponses exactes: cocaïne (9,5%), caféine (9,5%), amphétamines (8,5%) et enfin cannabis (8%) qui fait pourtant partie de « substances soumises à certaines restrictions ». Signe des temps: les amphétamines qui ont longtemps personnifié la question du dopage ne font plus véritablement recette aujourd'hui. En tout cas, elles ne viennent pas spontanément à l'esprit des jeunes qui formaient le public de ce sondage.
Question 3
Pouvez-vous nous citer une ou plusieurs hormones peptidiques interdites?
Oui: 19%
Non: 91 %
Commentaire: On retente le coup avec les hormones peptidiques et les résultats sont pires encore. Il faut savoir que les hormones se divisent classiquement en trois groupes selon leurs caractéristiques chimiques: le groupe phénolique (adrénaline, thyroxine), le groupe des stéroïdes (hormones des glandes génitales et surrénales) et enfin le groupe peptidique (ou protéique) qui comprend les hormones hypophysaires (ACTH, hormone de croissance), pancréatiques (insuline), rénales (EPO), placentaires (hCG) ou encore les hormones parathyroïdiennes. Les réponses sont plus rares que dans l'exercice précédent mais plus justes (40% d'erreurs tout de même). L'hormone de croissance est citée par 35% des sondés, suivie par l'EPO (25%). Certains étudiants qui s'y connaissent remarquablement bien citent les parathormones ou l'ACTH. D'autres se plantent complètement en proposant la créatine (9%) ou même des substances de synthèse comme le LSD ou les PFC.
Question 4
Répondez par vrai ou faux à chacune de ces 7 assertions:
- Les stéroïdes anabolisants sont des dérivés d'oestrogènes. (réponse: faux)
Vrai 29% Faux 71%
Commentaire: Certes, les oestrogènes sont des stéroïdes. Mais les stéroïdes anabolisants, consommés par les sportifs sont évidemment des substances qui copient les effets de l'hormone mâle (androgène) et pas ceux de l'hormone femelle (oestrogène). Nos sondés ne se sont pas laissés prendre.
- Les stéroïdes anabolisants peuvent provoquer des atrophies testiculaires. (réponse: vrai)
Vrai 51,5% Faux 48,5%
Commentaire: Ce que l'on pressentait à la question précédente apparaît plus clairement ici, à savoir que la moitié des étudiants ignore les caractéristiques profondes de cette forme de dopage qui exacerbe les traits typiquement masculins tout en atrophiant les glandes sexuelles.
- La cortisone stimule la production de globules rouges. (réponse: faux)
Vrai 28% Faux 72%
Commentaire: La majorité des étudiants donne ici la bonne réponse. De fait, la cortisone joue un rôle catabolique dans l'organisme, c'est-à-dire qu'elle favorise la destruction plutôt que la création de nouvelles cellules. Mais trois personnes sur dix se trompent encore.
- Les diurétiques améliorent la performance (réponse: faux)
Vrai 13,5% Faux 86,5%
Commentaire: Là non plus les sondés ne se sont pas laissé piéger. Si les diurétiques sont interdits, c'est parce qu'ils servent souvent à descendre de catégories de poids de façon artificielle et dangereuse ou alors parce qu'ils compliquent le travail de dépistage urinaire d'autres produits interdits lors d'un test antidopage. Mais, de fait, ils ne jouent aucun rôle direct sur la performance.
- La créatine est un stéroïde anabolisant. (réponse: faux)
Vrai 21% Faux 79%
Commentaire: Là encore, les résultats sont encourageants dans la mesure où l'on s'aperçoit que ces jeunes font bien la différence entre le terme "stéroïde" (ce que la créatine n'est pas) et "anabolisant" (ce que la créatine se targue d'être). Or cette confusion est extrêmement répandue dans le public, notamment parmi les journalistes sportifs!
- Les anesthésiques locaux empêchent le déclenchement et/ou la transmission de l'influx nerveux. (réponse: vrai)
Vrai: 49,5% Faux: 50,5%
Commentaire: Curieusement, on enregistre beaucoup plus d'hésitation dans une question qui, de prime abord, nous semblait assez facile et qui contenait en plus la réponse dans son énoncé. Par définition, un anesthésique local produit localement une insensibilité et agit donc sur le déclenchement ou la transmission de l'influx nerveux. On en déduira que des termes qui paraissent évidents dans un contexte médical ne sont pas forcément très évocateurs pour le grand public.
- Les bêta-bloquants peuvent entraîner des insuffisances cardiaques. (réponse: vrai)
Vrai 57% Faux 43%
Commentaire: Grosse incertitude ici aussi. Il se pourrait qu’il y ait confusion dans les esprits notamment sur la distinction entre bêta-bloquants, parfois utilisés pour abaisser le niveau de stress dans des disciplines émotionnellement très chargées (tir, sports moteur, etc.) et les bêta 2 agonistes utilisés notamment dans le traitement de l'asthme et auxquels on attribue aussi un rôle anabolisant.
Question 5
Deux questions étaient ensuite proposées à la sagacité des étudiants avec la possibilité de répondre "Ne sais pas". On voulait distinguer ainsi le pourcentage d'erreur lorsque la personne est placée devant un choix fermé (vrai ou faux?) et lorsqu'on lui laisse une échappatoire.
- Est-il permis d'enrichir son sang en globules rouges avant une épreuve par le biais d'une transfusion sanguine? (réponse: non)
Oui 17% Non: 67% Ne sais pas: 15%
Commentaire: Les bonnes réponses restent majoritaires -ces procédés sont effectivement interdits- mais on notera tout de même que près d'un tiers des sondés ignorent le caractère licite ou illicite des manipulations sanguines. C'est beaucoup!
-Le salbutamol favorise-t-il la circulation sanguine? (réponse: non)
Oui: 7% Non: 6,5% Ne sais pas: 86,5%
Commentaire: On trouve ici le plus mauvais résultat du sondage. A peine 6,5% des gens connaissent les effets d'un produit dont le nom revient pourtant très régulièrement dans les affaires de dopage. Si le salbutamol est consommé dans un but de dopage, c’est parce qu’il améliore la ventilation et l'anabolisme musculaire.
Question 6
Connaissez-vous les risques engendrés par la prise de stéroïdes anabolisants? Si oui, lesquels?
Oui 43% Non 57%
Commentaire: C'est probablement le point le plus étrange. Les étudiants savent à une très large majorité que les stéroïdes anabolisants sont interdits (95,5%) mais plus de la moitié sont incapable de leur attribuer le moindre risque. Et pourtant, Dieu sait s'ils sont nombreux et couvrent quasiment tous les organes: coeur, foie, cerveau, articulations, sexe, etc. On n'a d'ailleurs pas enregistré de mauvaises réponses dans cette catégorie. En fréquence d'apparition, ce sont les troubles cardiaques qui arrivent en tête (29,5%), suivis par la stérilité (18%), le cancer (15,5%) et la mort (9,5%).
Question 7
Avez-vous déjà consommé un produit dopant? Si oui, lequel?
Oui: 18% Non: 82%
Commentaire: L'anonymat du questionnaire devait nous garantir la sincérité d'une réponse où l'on voit que le dopage n'a pas encore pénétré toutes les couches de pratiques sportives: 80 % de ces étudiants sportifs déclarent qu’ils n'ont jamais consommé de produits interdits. Mais ce qui nous intéressait plus encore que de connaître ce pourcentage, c'était d'analyser la liste des produits cités comme dopant. Il fallait s'y attendre, le cannabis arrive en tête (22,5%), suivi des antibiotiques (13%), de la Ventoline (12%) et du Guronsan (10,5%). On comprend par là que la perspective d'amélioration des performances ne constitue pas le principal moteur dans le recours à des produits considérés (parfois à tort) comme interdits, sinon peut-être pour le Guronsan (comprimés à base de caféine) à propos duquel on soulignera tout de même qu'il faut consommer plusieurs fois la dose recommandée pour atteindre les seuils de positivité.
Sondage tendre
Le questionnaire a été distribué auprès d'étudiants qui recouvrent les principales filières de formation sportives: 207 réponses nous sont parvenues de la Faculté des Sciences du Sport à Dijon (UFR-STAPS), 42 réponses du Centre Régional de l'Education Physique et Sportive (CREPS de Dijon), 84 réponses de l'Institut National du Sport et de l'Education Physique (INSEP - Paris) et enfin 89 réponses d'étudiants pratiquant une activité physique au sein du Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives de l'Université de Bourgogne (SUAPS). Au total, plus de 600 questionnaires nous ont été retournés, dont 422 furent finalement retenus comme valides et analysés. Remercions au passage tous ceux -et ils sont nombreux!- qui ont contribué à récolter les résultats. Notamment ces professeurs qui ont accepté qu'on rogne dix minutes de leur temps en début de cours afin que leurs élèves puissent remplir le document. Au hasard des situations, cela se passait dans un auditoire, une salle de sport ou sur un tatami... Peu importe. En revanche, il était primordial que l'on récolte les documents immédiatement après qu'ils aient été remplis. Nous nous assurions que les personnes interrogées n'iraient pas chercher les bonnes réponses dans des ouvrages spécialisés ou sur Internet. Cette première phase du travail s'est étalée de février à avril 2001. Ensuite vint le dépouillement. Nous nous sommes d'abord consacrés à donner une cotation (sur 28) qui évalue le niveau de connaissance de chaque personne. Ensuite, nous nous sommes livrés à un recoupage par filtres grâce aux quinze questions plus personnelles sur les caractéristiques socio-démographiques des sondés: âge, sexe, niveau d'études, sports pratiqués, niveau de la discipline principale, volume horaire de pratique, lecture de Sport et Vie. Il apparaît alors que les étudiants du CREPS obtiennent une note moyenne de 18/28 au test, nettement meilleure que ceux du STAPS (11/28), du SUAPS (10/28) ou de l'INSEP (10/28). On enregistre aussi une grosse différence entre les scores des filles (8/28 en moyenne) et des garçons (16/28). Cela corrobore le résultat d'autres enquêtes qui montrent que les filles sont à la fois moins intéressées par la question du dopage et plus prudentes en matière de consommation! Avantage aussi aux pratiquants des disciplines d'endurance (course à pied, cyclisme, natation, triathlon, ski de fond, aviron, etc.) par rapport aux autres sports même si, curieusement, ni le niveau de pratique (national, régional, départemental), ni l'assiduité à l'entraînement ne semble avoir une influence déterminante sur les connaissances. Finalement, le critère le plus sélectif reste la lecture du magazine Sport et Vie. Pardonnez-nous de terminer sur cette note qui manque de modestie. Mais avec 18/28, nos lecteurs obtiennent une note moyenne nettement au-dessus de celle des non-lecteurs (9/28). Et pour dire vrai... Cela nous fait énormément plaisir!
La faute à Voltaire
Beaucoup de sondages portant sur le dopage débouchent en général sur une condamnation plus ou moins massive de ces pratiques. Dans le Journal du Dimanche, par exemple, on apprenait récemment que pour 84% d'un échantillon représentatif de la population française, le dopage était un fléau et qu'il fallait "tout faire pour l'éliminer" (*). Quelques jours plus tard, sur le site Yahoo France Sport, 90% des surfeurs se déclaraient eux aussi contre le dopage, les uns accréditant l'idée d'une maladie à éradiquer (57%), les autres d'un avatar inévitable du sport moderne qu'il faut limiter (31%). Ces sondages pourront rejoindre la longue cohorte de tous ceux qui disent la même chose, de façon plus ou moins prononcée, en fonction de la formulation de la question. Mais si l'on mesure assez régulièrement l'état de l'opinion publique sur la question, on s'interroge beaucoup plus rarement sur les connaissances réelles des gens en matière de dopage. Or cela biaise évidemment toutes les interprétations. Quel crédit accorder par exemple au chiffre qui montre que 80% des étudiants sportifs ne se sont jamais dopés si l'on sait que 70% d'entre eux ignorent que les diurétiques figurent sur la liste rouge? Et que penser des 20% qui se disent dopés en donnant pour preuve la consommation de produits parfaitement licites? Finalement, c'est grâce à des tests comme celui-ci que l'on peut le mieux se faire une idée sur les connaissances des étudiants, alors que l'on aurait sans doute eu une tout autre impression avec des questions ouvertes du type "Pensez-vous être suffisamment bien informé sur le dopage?" Quant au choix de la population, il nous paraissait approprié dans la mesure où ces étudiants en éducation physique seront en première ligne demain face aux jeunes et à leurs interrogations. Seront-ils à la hauteur? Le résultat du sondage nous laisse malheureusement assez sceptique. Certes, un petit nombre de sondés (environ 10%) témoigne d'une bonne connaissance du problème. Mais la majorité vasouille. Remarquez: cela n'a rien d'étonnant. Le dopage est pratiquement absent du cursus scolaire. Ainsi, un étudiant qui se dirige vers le professorat d'EPS ne recevra pas une heure de cours sur le dopage! Même chose pour les étudiants du CREPS, de l'INSEP et des autres filières proposées par l'Université. Seul le cursus STAPS lui consacre une formation à partir de la maîtrise Entraînement. Mais le volume horaire de celui-ci (10 heures) est ridicule comparé au volume total des formations dispensées dans l'année (550 heures). Ainsi, le dopage constitue pour cette maîtrise Entraînement 0,02% des cours! C'est évidemment beaucoup trop peu pour se faire un avis sur une question qui comporte de très nombreuses implications pharmacologiques, toxicologiques, psychologiques, sociologiques, économiques et même politiques. Pour pallier ces carences, nous soutenons qu'une formation sur le dopage devrait être proposée à tous les étudiants, soit sous la forme d'un nouveau cours inscrit dans le programme, soit par l'organisation de conférences pédagogiques. A ce prix-là seulement, on pourra parler de prévention autrement que pour amuser la galerie.
(*) JDD, le 17 juin 2001
SPORT & VIE N°68
Septembre - Octobre 2001