Pauvres naïfs
Coïncidence troublante, quelques jours plus tard paraissait le rapport de l'INSERM sur le chanvre indien, une synthèse de quelque 1.200 études scientifiques réalisées à travers le monde.
On pouvait notamment y lire qu'un joint de cannabis contient 4 à 5 fois plus de goudrons qu'une cigarette normale (50 mg de goudrons contre 12), et que la concentration en produits cancérigènes de ces goudrons était également plus importante.
Expérimentalement, des toxicologues avaient déjà constaté que des cellules pulmonaires animales ou humaines normales devenaient malignes lorsqu'elles étaient exposées à de la fumée de cannabis.
Il ne s'agit donc pas d'une substance anodine et, à partir de là, il faut être très prudent à chaque fois que l'on diffuse un message dans le grand public. Surtout auprès des sportifs. On oublie trop souvent que l'effort physique potentialise les risques toxiques de n'importe quelle substance: tabac, alcool, médicaments et, bien sûr, le cannabis.
Dans le cas du cannabis, on doit se méfier des effets sur le cœur (décrochage des plaques d'athérome). Une étude des chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center a montré une augmentation non négligeable d'infarctus du myocarde chez les fumeurs de marijuana. (Revue "Circulation" du 12 juin).
Selon d'autres auteurs (Murray A. Mittelman et coll.), le risque d'ischémie coronarienne serait même multiplié par cinq! A note avis, il faut tenir compte de tous ces risques au moment de prôner l'assouplissement des règlements antidopage.
Surtout que le cannabis était déjà la première substance décelée en France au cours des contrôles de l'année 2000. Bien sûr, à cette époque, les sportifs n'avaient pas encore eu l'occasion de lire les propos rassurants de Bernard Kouchner.
Ils se servaient encore du cannabis pour juguler le stress, pauvres naïfs!
SPORT ET VIE N°70
Sur le front du dopage