La palme de l'hypocrisie
Les révélations sur le dopage dans le tennis ne viendront pas des joueurs en activité. Les observateurs extérieurs, en revanche, sont nettement plus libres de dire ce qu'ils pensent. Comme John Mendoza responsable de l'agence antidopage australienne.
"Le tennis est fortement sous l'emprise du dopage", a-t-il déclaré récemment au journal The Australian. "Les autorités se mentent à elles-mêmes si elles ne l'acceptent pas".
Pour lui, le problème est particulièrement aigu dans le tennis féminin. "L'usage de produits dopants y est tellement répandu que le sport s'achemine vers une crise majeure semblable à celle traversée par la natation lors des Mondiaux de Rome en 1994 ou par celle du cyclisme sur le Tour de France ces dernières années." De fait, toutes les conditions sont réunies pour qu'éclatent prochainement de gros scandale. Il faut dire que le tennis détient depuis plusieurs années la palme de l'hypocrisie en matière de lutte contre le dopage. C'est effectivement l'un des rares sports avec le football et le handball à ne pas recourir aux contrôles inopinés. Des tests sont organisés sur les quatre tournois du Grand Chelem. Mais il semble que les éventuels cas positifs soient traités dans le plus grand secret. Lors du dernier Roland Garros, il a fallu l'intervention du Conseil de Prévention et de Lutte contre le Dopage (CPLD) pour apprendre que deux cas positifs -l'un à la lidocaïne, l'autre au bupropion (voir plus loin)- avaient été révélés sur les 128 contrôles. Et l'on ne sait toujours pas de qui il s'agit! Quant à l'EPO, les joueurs peuvent en consommer en toute tranquillité d'esprit, car on ne fait pas de prise de sang et les traces d'une consommation du produit ne sont toujours pas recherchées dans les urines.
Dr JPdM
Sport et Vie n°74
Sur le Front du Dopage