Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 71


On ne badine pas avec la cortisone

Certains ont néanmoins le chic de se mettre systématiquement en situation précaire. Hein Verbruggen -encore lui!- donnait le 10 décembre 2001 une interview au journal L'Équipe! Le voilà qui s'égare de nouveau sur le sujet de la cortisone. "Je sais que la cortisone est employée ailleurs. Je ne peux pas le prouver. Mais dans le foot... J'en ai parlé avec certains médecins qui travaillent dans ce sport. Cela dit, ce n'est pas du dopage. Les footballeurs en ont réellement besoin. Enfin, si je ne conteste pas que ces produits ont un certain pouvoir euphorisant, ils ne sont pas efficients lors des courses à étapes. Pour une journée, en revanche, ça aide."

Dans la suite de l'interview, Verbruggen précise la finalité de sa pensée, à savoir: dépénaliser l'utilisation de corticoïdes et remplacer la sanction par une mise au repos forcé, comme dans le cas d'un hématocrite trop élevé.
Ce passage est caractéristique des dérives médiatiques actuelles. La quasi-totalité des institutionnels chapeautant les organismes internationaux et intervenant dans la lutte antidopage n'ont jamais fait d’études de médecine, de pharmacie ou de physiologie appliquée au sport.
Pourtant, ils se répandent dans la presse et donnent leur avis à tort et à travers notamment sur les propriétés dopantes ou non de tel ou tel produit. Les journalistes, dont la compétence médicale n’est pas forcément plus étoffée, retranscrivent tels quels ces propos et l'on s'étonne au bout du compte que tout cela se noie dans une incroyable confusion.
Il faudrait que, de temps à autres, les responsables aient le courage et l'humilité de reconnaître leur incompétence et qu'ils s'en remettent aux avis de ceux qui connaissent réellement le problème.
Prenons la dépénalisation des corticoïdes que Monsieur Verbruggen sort à présent de son chapeau et confrontons-là aux témoignages de ceux qui ont véritablement connu l'immixtion de la cortisone dans les courses, et dont il suffit de dire, pour imaginer les ravages qu'elle occasionne, qu'elle leur paraissait à l'époque beaucoup plus dangereuse que les anciennes amphétamines (... qui comptaient pourtant déjà une série de morts sur la conscience).


SPORT ET VIE N°71
Sur le Front du Dopage

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