Nicolas, sprinter amateur
«Mon premier contact avec le dopage s’est produit dans une salle de musculation, j’avais 19 ans. J’ai sympathisé avec deux sportifs qui m’ont donné les contacts pour m’approvisionner. Deux semaines plus tard, j’ai commencé une cure de nandrolone à raison de six cachets par jour. Mes performances au cent mètre ont décollé. Je suis passé de 11’’40 à 10’’67. J’étais sur un nuage. C’est grisant d’aller toujours plus loin, on se sent plus fort, plus beau. Au club tout le monde était épaté et je leur expliquais que c’était grâce à la musculation. Dès qu’on sort un peu du lot, les gens vont vers vous. Je me suis fait des amis, j’avais besoin de cette reconnaissance….Et puis un jour, mes analyses de sang ont commencé à être mauvaises. Alors j’ai tout stoppé.
J’ai laissé tomber la compétition . Aujourd’hui, sur le stade, je vois d’autres athlètes dont les performances ont évolué très rapidement et qui se sont transformés physiquement, mais personne ne parle de dopage. Je vais bientôt avoir 30 ans, je sais que je ne ferai jamais une carrière sportive professionnelle, mais de nouvelles substances sont sorties et il y a cette fameuse barre des 10’’50. si j’étais certain de l’atteindre avec des produits, je crois que je replongerais. La dope c’est comme la drogue. Dès que la saison recommence la tentation est là.»
Science et vie n°206, mars 1999