Ne faites pas comme moi
Rappelez-vous. Dans un premier temps, les autorités n'ont pas voulu reconnaître l'existence d'un problème. Elles sanctionnaient sans pitié, malgré les suppliques des athlètes. Aujourd'hui, c'est clairement en train d'évoluer. Nous en prendrons pour preuve la réintégration plus rapide que prévue de Mark Richardson, le coureur britannique de 400 mètres, dont on se rappellera peut-être qu'il avait été testé positif à la nandrolone le 27 octobre 1999 à l'occasion d'un contrôle hors compétition. Sa suspension courait normalement jusqu'à la fin du mois d'octobre 2001. Mais il a été blanchi par l'UKA (Fédération Anglaise d'Athlétisme) en juillet dernier (ce dont il avait profité pour gagner la finale du Grand Prix en octobre). Et voilà que l'IAAF décide à son tour de passer l'éponge. La Fédération Internationale d'Athlétisme justifie cela par les circonstances exceptionnelles prévues par le règlement 60.8. Plus prosaïquement, il s'agit d'un simple marchandage par lequel Richardson renonce à faire appel au Tribunal d'Arbitrage en échange d'une promesse de réduction de peine. Plus intéressante: cette initiative prise par l'UKA d'utiliser l'athlète comme porte-parole des méfaits du dopage. Richardson a entrepris ainsi plusieurs actions éducatives auprès des jeunes, notamment pour les mettre en garde contre des produits, souvent achetés par correspondance, dont on ne connaît avec certitude ni le contenu, ni la provenance. Il a participé aussi à la rédaction d'une série d'articles, notamment sur le site Internet de l'IAAF, et de communiqués comme celui qu'il a lu lors des championnats du monde de la jeunesse de Debrecen en Hongrie. Enfin, il est intervenu au congrès "Nutrition et Sport" lors des championnats du monde d'Edmonton et sera encore intégré aux nouvelles activités mondiales de la WADA (Agence mondiale antidopage) puisqu'il souhaite poursuivre ces actions préventives après sa réintégration.
Sport & Vie n° 68
Sur le front du dopage