Max, coureur cycliste amateur (élite 2)
«J'ai été orienté vers l'association du Chalet du Thianty parce qu'elle était la seule à accepter les sportifs de haut niveau.(…) Tant qu'il ne se fait pas prendre, un sportif ne reconnaît jamais qu'il se dope. Il ne reconnaît jamais qu'il y a un problème et encore moins qu'il est « accro ». De toute façon, l'entourage ne veut pas entendre ce genre de choses. Depuis deux ans que je me suis éloigné de la compétition, aucun membre du club auquel j'appartenais n'a demandé de mes nouvelles, pourtant, ils savent tous que je suis malade. Le faire reviendrait à reconnaître le dopage, et cela ils ne le peuvent pas. (…) Il [un médecin] a été très clair. C'était la cure ou le pire, dit-il. Au départ, je me suis rendu à la consultation, sans y croire vraiment. Il m'a fallu passer par le centre du Thianty pour reconnaître que je me dopais. Aujourd'hui, j'ai arrêté, mais c'est dur. Je vais mal. Je n'arrive pas à me réinsérer, je n'ai toujours pas de boulot. Il n'existe aucune structure pour aider les types comme moi. J'aimerais trouver quelque chose dans le sport, mais sans la compétition.»
Le Monde, 06 décembre 2000