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L’EPO une substance d’avenir ?

D'après les aveux de Willy Voet dans le cadre de l'affaire Festina, " le peloton " recherchait déjà en 1998 d'autres produits pour remplacer l'EPO. En effet, il est de plus en plus question de nouvelles substances comme les PFC (perfluorocarbures) ou les solutions d'hémoglobine (hémoglobines réticulées, abandonnées par l'industrie pharmaceutique, hémoglobines polymérisées ou conjuguées). Avec la probable et prochaine détection de l'EPO, on peut donc légitimement se demander si ces facteurs vont définitivement sonner le glas de cette substance utilisée depuis plus de dix ans dans le sport.

Si l’on en croit le rapport du Dr Gérard Dine (daté du 27 mars 2000 et transmis à l’Agence Mondiale Antidopage), l’EPO n’est pourtant pas prête d’être bannie du sport. Selon lui, trois nouvelles formes d'EPO devraient prochainement apparaître sur le marché :
- L'EPO retard, dont l'intérêt est de diminuer le nombre d'injections tout en prolongeant les effets.
- L’EPO-Like (peptides mimétiques) que l'on pourra prendre par voie cutanée ou nasale.
- L'EPO recombinante cellulaire, issue de la thérapie génique, devrait, selon lui, voir le jour d’ici une dizaine d’années. On passera en quelque sorte du génie génétique basique à la thérapie génique cellulaire : “ les effets sur la production des globules rouges resteront les mêmes (…) mais la détection urinaire directe, déjà plus que délicate pour l'EPO actuelle, sera rendue quasi-impossible pour les trois nouvelles catégories d'EPO, en particulier celle relevant de la thérapie génique.”

Le pr. Michel Audran tempère toutefois ces propos et pense que l'EPO retard et les peptides mimétiques seront, avec un peu plus de difficulté, tout à fait détectables.
Toutefois, il reste pessimiste quant à l'utilisation de la thérapie génique qui posera des problèmes à priori insolubles avec les méthodes de détection actuelles.

Face à ces sombres pronostiques pour l’éthique du sport et la santé des athlètes, il est vraiment temps d’entamer un travail de prévention avec les plus jeunes afin qu’un jour, peut être, les fabuleux progrès de la science et de la médecine ne soient plus exploités à des fins sportives.

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