Insuline à gogo
L'insuline se trouve de plus en plus souvent citée parmi la liste des produits dopants d'usage courant. D'après l'édition italienne de GQ magazine (Gentleman’s Quarterly) de mars 2002, elle apparaît dans 15 des 52 dossiers de mises en examen qui ont fait suite aux descentes de police sur le Tour d'Italie 2001(*).
Sans compter les seringues balancées par les fenêtres à l'arrivée des policiers ou celles retrouvées mystérieusement sur le tapis comme dans la chambre de Marco Pantani. Il y avait encore de l'insuline dans les bagages d'Edita Rumsas, la femme du coureur lithuanien, ce qui trahit une certaine banalisation de la substance dans les pelotons.
Auparavant, les culturistes s'en servaient déjà pour intensifier l'anabolisme musculaire. Les coureurs cherchent plus probablement à améliorer la récupération en favorisant l'entrée des constituants dans la cellule. Il s'agit bien entendu d'un procédé dopant dans la mesure où ils ne souffrent d'aucun diabète qui pourrait justifier ce traitement. L'hormone est d'ailleurs prohibée depuis 1998 même si, à notre connaissance, elle n'a encore jamais fait l'objet d'un contrôle positif, ce qui laisse à penser que -bien qu'elle soit facile à doser en médecine- il n'est pas encore possible sur la base d'un simple test urinaire de faire la différence entre une insuline exogène et endogène.
(*) Il s'agit des coureurs suivants: Giacomo Andalo, Ermano Brignoli, Alfredo De Marchi, Daniele De Paoli, Alberto Elli, Giuliano Figueras, Gianpaolo Mondini, Bruno Olivieri, Marco Pantani, Julio Perez Cuapio, Bruno Pierantoni, Primo Pregnolato, Domenico Romano, Fabrizio Settembrini, Marcello Siboni, Stefano Zanini.
Dr.JPdM
Sport et Vie n°75
Sur le Front du dopage