Fin d'un marathon judiciaire
L'affaire remonte à dix ans. A l'époque, la sprinteuse allemande avait été contrôlée positive au clenbutérol. Le litige ne portait pas sur le caractère licite ou non du produit. Katrin Krabbe trouvait simplement que la fédération internationale avait eu la main trop lourde à son endroit. Sa condamnation d'un an par la Fédération allemande d'athlétisme (DLV) avait été prolongée de deux années supplémentaires par l'IAAF, ce qui devait la tenir éloignée des stades jusqu'en août 1995. Cette différence d'appréciation s'explique par la nature même du produit. On peut effectivement considérer le clenbutérol comme un stimulant du système cardio-respiratoire ou comme un anabolisant. Or cela affecte le barème des sanctions. Les deux parties se sont engagées dans un combat juridique et scientifique de huit ans à l'issue duquel un tribunal munichois a confirmé le droit de la plaignante et condamné l'IAAF à lui verser un montant probablement équivalent aux 770.000 euros déjà accordés en première instance. "Une somme sympathique", se contenta de déclarer l'avocat Thomas Summerer. "Je crois que c'est la première fois dans l'histoire du droit du sport qu'un montant significatif sera payé à titre de dommages et intérêts".
Tant mieux pour Katrin Krabbe, aujourd'hui Krabbe-Zimmermann, qui à 31 ans se consacre désormais à l'éducation de ses deux enfants et à la gestion de son magasin de sport dans sa ville natale de Neubrandenburg.
Tant pis pour la morale. Car évidemment, on ne pouvait pas adresser de pire message pour décourager les (rares) fédérations qui tentent de combattre la triche organisée.
(*) A l'époque, le clenbutérol figurait effectivement sur la liste du ministère de la Jeunesse et des Sports (depuis le 3 janvier 1991) ainsi que sur la liste de la Fédération française de cyclisme (FFC).
Dr JPdM
Sport et Vie n°73
Sur le Front du Dopage