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Discussion

Remarque :
Deux enquêtes, outre la première édition de notre étude en 1991, seront principalement évoquées dans ce chapitre :
- L'enquête HBSC 98 (Health Behaviour in School aged Children)
- Le Baromètre Santé Jeunes 97/98


Pratique sportive générale

Nous avons pu observer que l'augmentation de la pratique sportive entre 1991 et 1999 ne se rencontre que dans la catégorie EPS, alors que les formes de pratique "volontaires" (Club et UNSS) ont tendance à diminuer. Dans la présente enquête, le taux de pratiquants appartenant à la catégorie des jeunes faisant du sport en dehors de toute institution est 68,0%. Ce fort pourcentage, mis en relation avec les résultats ci-dessus, peut nous amener à formuler l'hypothèse que la proportion des jeunes pratiquant un sport est de plus en plus importante, et que le développement de cette pratique n'est pas encadré, pour une grande partie, par des institutions. Il est donc très important de profiter du caractère obligatoire des cours d'EPS pour éduquer les jeunes aux lignes de conduites élémentaires pour pratiquer un sport dans de bonnes conditions.

Nous avons observé dans la présentation des résultats que les garçons dominent la pratique sportive en général, ainsi que la pratique de la compétition. En revanche, la catégorie "sportifs non compétiteurs" est moins représentée chez les garçons : nous trouvons 49,7% (n=748) de filles sportives mais non compétitrices contre 33,8% (n=479) pour les garçons. La grosse représentation des filles dans ce compartiment précis, ainsi que la représentation majoritaire des garçons dans les deux catégories citées ci-dessus, permettent d'observer que les filles sportives s'orientent plus aisément vers une pratique récréative que les garçons.


Pratique de la compétition

Nous avons vu que la population de compétiteurs représentait 38,2% de la population totale. En 1991, ce taux était de 33,9%. La pratique de la compétition est dominée par les garçons (presque 2,5 fois plus nombreux à pratiquer un sport en compétition que les filles). Cette tendance a été confirmée lorsque l'on s'est intéressé aux différentes classes d'âge : nous avons observé que les garçons représentent la majorité des compétiteurs quelque soit la tranche d'âge considérée.


Consommation médicamenteuse

Le taux de consommateurs réguliers de médicaments s'élevait à 8,5% dans la précédente étude, alors qu'il est de 14,2% cette année.

- Médicaments pour dormir, médicaments contre l'anxiété:
L'augmentation de l'utilisation de médicaments pour dormir et contre l'anxiété chez les jeunes soulève un problème : celui de la banalisation de la prise de tels produits. Cette familiarisation précoce avec ce type de médicament peut faire craindre une installation de l'utilisation abusive à l'âge adulte. De plus, nous pouvons observer que les somnifères sont consommés par moins de 1 jeune sur 10 quelque soit la tranche d'âge considérée. Cette faible part de consommateurs est à nuancer car HBSC a montré que les plaintes vis à vis de la nervosité ou du sommeil sont importantes (respectivement 66,9% et 42,6%).

- Antalgiques:
Les antalgiques connaissent également une recrudescence d'emploi. Cette banalisation croissante revêt ici un caractère différent si l'on considère la pratique sportive. Cette acceptation par tous d'une consommation croissante dans la population générale peut laisser entrevoir une évolution vers une surconsommation dans le milieu sportif. Or, comment expliquer à un jeune que l'antalgique qu'il a l'habitude de consommer par ailleurs lui est interdit dans le cadre de la pratique de son sport favori ? C'est une partie de l'enjeu des informations sur le dopage devant être mises en place en milieu scolaire.


Influence de la pratique de la compétition sur la consommation médicamenteuse

- Comparaison de la consommation médicamenteuse globale en fonction de la pratique en compétition (p<0,001):

87,9% des sportifs non compétiteurs (EPS compris) sont des consommateurs de médicaments.
12,1% des sportifs non compétiteurs (EPS compris) ne sont pas des consommateurs de médicaments.

82,7% des sportifs compétiteurs sont des consommateurs de médicaments.
17,3% des sportifs compétiteurs ne sont pas des consommateurs de médicaments.


Ces résultats nous permettent donc d'émettre l'hypothèse que le fait de faire un sport en compétition permet de diminuer la consommation médicamenteuse globale par rapport à une pratique hors compétition.

Nous avons, de plus, observé que les compétiteurs consomment globalement moins d'antalgiques, de vitamines, d'antiasthéniques, d'anxiolytiques, de somnifères, de médicaments pour la mémoire et de médicaments amaigrissants que les sportifs ne faisant pas de compétition.

En revanche, ils consomment plus de fortifiants (17,0% vs 15,3% ; p=0,219) et de médicaments pour augmenter la masse musculaire (3,7% vs 0,7% ; p<0.001).
La consommation supérieure des fortifiants n'est pas statistiquement significative (p>0,05), alors que celle des médicaments pour augmenter la masse musculaire l'est.

Il est préoccupant de constater que les deux classes de médicaments consommées plus souvent par les compétiteurs que par les non compétiteurs concerne les produits destinés à modifier les performances. En effet, si une telle consommation n'est pas toujours destinée à augmenter celles-ci, elle vise au moins le but de mieux supporter les charges d'entraînements. Or, l'un et l'autre aspect peuvent être assimilés à du dopage dans la mesure où une meilleure gestion de l'entraînement et du calendrier de compétition permettrait d'endiguer le dérapage vers une telle consommation.

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