Appel d’offre : Étude épidémiologique du dopage sportif
Domaine de recherche concerné par l'appel d'offres
Le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage, autorité administrative indépendante, a été institué par la loi du 23 mars 1999 relative à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage, dont les dispositions sont aujourd'hui intégrées dans le code de la santé publique aux articles L.3611-1 à L.3634-5.
Aux termes de l'article L.3612-1 de ce code, le Conseil " participe à la définition de la politique de protection de la santé des sportifs et contribue à la régulation des actions de lutte contre le dopage ". Il est également investi d'une mission de " coordination de la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines de la médecine sportive et du dopage". Cette mission est essentielle car le succès de la politique de prévention du dopage et de lutte contre ce fléau de la communauté sportive exige que d'importants progrès soient obtenus très rapidement dans des domaines touchant à l'épidémiologie du phénomène, à la capacité de détection de l'usage de substances et procédés dopants et au comportement des sportifs. Le Conseil a donc décidé d'entreprendre un grand programme de recherche dans ces différents domaines.
Le dopage est entendu comme l'usage de substances ou de procédés qui ont pour but soit de modifier artificiellement les capacités d'une personne exerçant une activité sportive, quelle que soit la discipline, quelles que soient les conditions dans lesquelles cette activité est pratiquée, soit de masquer l'emploi de substances ou de procédés ayant cette propriété. Ces substances et ces procédés sont aujourd'hui énumérés dans un arrêté interministériel du 2 février 2000. Un sportif peut recourir au dopage soit directement à l'occasion d'une compétition ou d'une manifestation sportive, soit lors de la préparation à une épreuve par exemple pour accroître le volume et l'intensité des efforts réalisés à l'entraînement ou pour réduire la durée des phases de récupération.
L'un des premiers objectifs du Conseil est de parvenir à une meilleure connaissance du dopage, phénomène pour lequel il subsiste de nombreuses interrogations. Il est ainsi très difficile d'avoir aujourd'hui une appréhension précise de l'étendue du fléau. La discrétion qui entoure les pratiques actuelles rend malaisée toute approche scientifique. Aussi doit-on se contenter souvent de rumeurs, exceptionnellement d'aveux, qui, pour instructifs qu'ils soient, restent de portée limitée, ne permettant pas une appréhension globale et objective du phénomène.
En outre, les résultats des contrôles effectués conformément à la législation et à la réglementation françaises concernent presque exclusivement des produits exogènes que les méthodes de détection en vigueur permettent de déceler dans l'urine. Sachant que l'usage de certaines substances ou de certains procédés dont l'efficacité est pourtant importante ne peut être décelé aujourd'hui, sachant que la détection d'autres substances n'est pas systématique en raison de l'insuffisance des moyens mis à la disposition du Laboratoire national de dépistage du dopage, la proportion des contrôles déclarés positifs est très faible (de l'ordre de 4 p.100), ce qui ne reflète pas l'étendue réelle du phénomène. Il faut ajouter que l'usage de substances dites " naturelles ", difficiles voire impossibles à distinguer de la production endogène, s'est largement répandu, ce qui rend particulièrement complexe une approche purement toxicologique du dopage.
L'étude qui fait l'objet du présent appel d'offres aura pour objet, à partir d'échantillons représentatifs, de déterminer avec le plus de précision possible, la nature des substances et procédés utilisés avec leur mode d'administration (fréquence, durée, doses, associations médicamenteuses, etc…) en fonction des disciplines sportives et des pratiquants selon leur âge, leur sexe, leur niveau sportif et leurs caractéristiques sociologiques.
Recommandations d'ordre général
Chaque projet sera présenté selon un programme unique placé sous la direction d'un seul responsable scientifique (le responsable scientifique principal) et exposant les recherches proposées.
Il devra notamment décrire :
Le(s) sujet(s) abordé(s) dans le cadre de la recherche et les hypothèses de travail,
L'état actuel des connaissances,
La méthodologie,
La pertinence par rapport à la politique de prévention et de lutte contre le dopage,
Le calendrier de l'étude,
Le budget et le schéma de financement.
Afin de présenter les garanties nécessaires pour la conduite et le suivi du projet, le responsable scientifique principal devra être le responsable permanent d'une structure (unité d'un grand organisme de recherche, établissement hospitalier, université, etc…). Cette structure devra être située en France, même si des collaborations sont envisagées avec des organismes établis à l'étranger.
Un rapport d'activité scientifique et un rapport financier devront être présentés chaque année par le responsable scientifique principal.
Les subventions seront accordées pour une durée d'une année, éventuellement renouvelable, après examen du rapport d'activité et du rapport financier.
Pour remplir le formulaire, il convient de se reporter aux précisions qui figurent ci-dessous. Fournir les renseignements demandés aussi complètement que possible. Les formulaires sont disponibles uniquement sur le site du CPLD (voir lien ci dessous).
Les dossiers non conformes ne seront pas examinés.