Magazine Sport & Vie > Sport & vie n° 74


L'addition, SVP

Au cours de la saison 2001, 23 joueurs de football américain sont morts en cours de partie et des centaines d'autres ont subi des traumatismes graves: fractures, paralysies, commotions. Chaque année depuis 1930, la fédération américaine recense ainsi ses morts avec une rigueur que l'on ne retrouve dans aucune autre institution sportive. Depuis 1980, ce travail est confié au professeur Frederick Mueller de l'Université de North Carolina(*). Officiellement, il sert à la mise en place de mesures de prévention.
Ainsi, en 1976, on a interdit les charges tête en avant après avoir constaté une multiplication des traumatismes crâniens. Le record de décès date d'ailleurs toujours de l'année 1968 où l'on a dénombré 36 victimes. A l'inverse, seule l'année 1990 s'est terminée sans drame.
Au petit jeu des comparaisons, les résultats de l'année 2001 sont très mauvais. Ils marquent une augmentation de près de 300% par rapport à l'édition précédente (8 morts seulement).
Plus grave encore: on observe un abaissement de l'âge moyen des victimes. Sur les 23 décès, on trouve deux professionnels, trois universitaires et 18 lycéens! Le plus jeune était âgé d'à peine onze ans. En marge des résultats, les auteurs se fendent de quelques conseils de prudence: beaucoup boire, bien attacher son casque, ne pas utiliser sa tête dans les charges, etc. Mais pas un mot sur le dopage! Or celui-ci se trouve directement impliqué dans la majorité de ces accidents. La surconsommation de stimulants gomme les signaux de détresse de l'organisme, notamment en cas de fortes chaleurs. La saison passée, on relevait trois morts par hyperthermie! D'autre part, la systématisation de l'usage de stéroïdes rend les athlètes toujours plus massifs, rapides et agressifs. Les chocs gagnent en violence avec une multiplication des pathologies graves: fractures du crâne, déboîtements de vertèbres, enfoncements des côtes, éclatements des organes, etc. Là encore, le dopage est indirectement responsable. Mais, manifestement, il n'est pas encore question de s'attaquer aux racines du problème. En revanche, on a appris que la ligue de base-ball envisageait de soumettre ses joueurs à des tests inopinés pour dépister l'usage de stéroïdes. D'après des études en interne, ce serait le cas de la moitié d'entre eux.

(*) www.unc.edu/depts/nccsi/SurveyofFootballInjuries.htm

GG
Sport et Vie n°74
Sur le Front du Dopage

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